L’activité 2009 d’Un Toit Pour Tous vue par Evelyne Dupuis, chargée de l’accompagnement et du relogement des personnes hébergées par l’Hôtel social.
L’activité d’Un Toit Pour Tous, c’est le résultat de l’engagement d’une centaine de bénévoles et de l’action d’une trentaine de salariés.
Le regard d’un(e) salarié(e) sur l’année 2009, sa perception des difficultés, des progrès, des perspectives et des enjeux … le vécu de l’activité d’une structure d’Un Toit Pour Tous dont nous vous invitons à consulter le rapport en fichier joint (disponible prochainement).
Cite trois points qui ont été marquants pour toi au cours de l’année2009 ?
La mise en oeuvre effective de la loi Dalo a dégagé de nouvelles possibilités de relogement et raccourci le temps de séjour en hébergement transitoire. A cause de cela, il m’arrive de manquer de temps d’accompagnement pour rendre l’hébergé en capacité d’habiter un logement autonome. Pour certaines personnes, le temps d’accompagnement devient trop court et la personne n’a pas résolu tous ses problèmes ou n’est pas totalement en capacité d’habiter son logement.
Il ne suffit pas d’être informé de son droit à être dignement logé, il faut aussi être capable d’exercer ce droit et, pour certains, cela peut prendre du temps pour le devenir.
Sur 60 ménages hébergés en résidence sociale durant l’année 2009, nous avons eu environ 5 personnes autonomes sur le plan financier mais présentant de gros problèmes de comportement, faute de soins. Leur accompagnement exige des compétences spécialisées que nous n’avons pas et que leur assistante sociale ne peut pas toujours exercer faute de disponibilité.
L’accompagnement de ces personnes est très dur pour tout le monde. Une formation ou la présence d’un professionnel spécialisé serait à étudier.
Dans nos demandes d’hébergement, ce sont les « femmes +1 » qui sont toujours les plus nombreuses. L’hébergement des femmes seules avec un enfant est problématique par manque de disponibilité dans l’ensemble des centres d’hébergement de la place grenobloise. Par ailleurs, leur relogement est difficile à traiter car leurs ressources sont faibles et elles ne peuvent pas être relogées dans tous les quartiers…
Peux-tu évoquer un cas concret qui t’a interpellé durant l’année 2009 dans ton action ?
Précédemment, j’ai évoqué les personnes en souffrance mais refusant de se faire soigner. Parmi celles-ci, il y en a eu une qui m’a particulièrement interrogée. Une demande d’hébergement nous avait été faite pour un homme seul avec la visite d’une petite fille un week-end sur deux. Cet hébergement était nécessaire suite à une séparation conjugale et un problème d’endettement. L’emploi était stable via un CDI à temps plein. Apparemment, il s’agissait donc d’une situation qui avait simplement besoin d’un coup de pouce avant l'accès à un logement. Cependant, en fait, cette personne a très vite extériorisé son mal-être, sa souffrance vis-à-vis du droit de visite de son enfant, ses conflits avec son employeur, son refus de poursuivre des soins et de coopérer pour les démarches de relogement et apurement de dette… Ceci à conduit à maintes rencontres de plus en plus difficiles à conduire : menaces de fin de contrat d’hébergement, ultimatum de la direction de la résidence…
Cet homme va quitter la résidence sociale très prochainement pour accéder à un appartement mais il va encore très mal.
Comment envisages-tu l’avenir ?
Je suis très préoccupée par l’afflux de « travailleurs pauvres ». Les critères d’accueil dans nos résidences ne sont pas adaptés au traitement de leur situation : on en arrive à souhaiter qu’ils soient endettés pour justifier une admission !
Et pour finir un coup de blues : des locaux que nous venons de quitter restent vides, faute d’argent pour les réaménager dans la perspective de nouveaux projets !
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| rapportHS09.pdf | 3.68 Mo |
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