Témoignage du directeur et de la responsable du service social (H. Sanchez et I.Devèche) du CCAS d'Echirolles au " Rendez-vous du Toit " du 9 février 2010
La ville d’Echirolles compte 40% de logements sociaux (5 500). L’investissement important du CCAS dans la prévention des impayés de loyers et des expulsions date du début des années 90. La première étape a été de faire prendre conscience aux bailleurs sociaux que les impayés n’étaient pas dûs exclusivement à la mauvaise volonté des locataires mais à leurs difficultés extrêmes. A suivi la mise en place de réunions de concertation régulières des travailleurs sociaux du CCAS avec les bailleurs. Le principe du dispositif adopté est d’intervenir dès que le locataire a 2 mois d’impayés et d’établir, par l’intermédiaire des assistantes sociales, un climat de confiance pour examiner l’ensemble de la situation financière, bien faire prendre conscience de ce qu’est une expulsion et mettre en œuvre des procédures d’accompagnement et d’aide. Le nombre de personnes suivies est de 150 en 2008 ; on compte 6 expulsions sur cette même année. En cas d’expulsion la personne (ou la famille) continue parfois à être suivie et peut être orientée en hébergement temporaire ou en Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) sur Echirolles par exemple… ; si la personne atterrit à la rue, il lui est proposé une domiciliation au CCAS.
Remarques :
- les cas d’impayés qui progressent actuellement concernent les salariés et les personnes âgées
- les cas les plus « lourds » (qui durent sur des années) correspondent à des personnes fragiles psychiquement
- l’aide du Conseil Général est insuffisante (en particulier le Fonds de Solidarité Logement).
En termes de statut, les CCAS sont des Etablissements Publics, ils bénéficient donc d’une autonomie budgétaire et de fonctionnement. Leur conseil d’administration est composé pour moitié de conseillers municipaux et pour moitié de représentants de la vie associative. C’est le maire ou son représentant qui préside avec une voix prépondérante. Leurs seules missions obligatoires sont l’aide sociale légale et la gestion des établissements pour personnes âgées. Mais, dans la mesure où les financements sont essentiellement assurés par les communes, leur champ d’action dépend des politiques municipales et peuvent déborder largement le cadre défini par la loi. Ainsi, le secteur de la petite enfance ou le secteur du logement peuvent être gérés soit par le CCAS soit directement par la mairie. Le CCAS de Grenoble est une figure originale dans le paysage français par son importance.
Le CCAS d’Echirolles compte environ 300 salariés et un budget de 12 millions d’euros pour trois secteurs d’intervention : la petite enfance, la gérontologie et le développement social ; ce dernier comprend les centres sociaux et le service social (mis en place en complément de celui du Conseil général) qui traite en particulier les difficultés liées au logement.
C'est le CCAS d’Echirolles qui préside l’Union Départementale des CCAS de l’Isère (une des plus structurées en France et qui couvre 90% de la population de l’Isère). Sont abordées toutes les problématiques sociales en relation avec la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) et le Conseil général.