Rendez-vous du Toit octobre 2011 : A la découverte du nouveau Centre d'accueil intercommunal à Grenoble (CAI)
Le CAI (Centre d'accueil intercommunal) est sousla tutelle du CCAS de la Ville de Grenoble. La création d'une IPL (Instance politique locale) qui réunit le CCAS de Grenoble, la METRO et le Conseil Général doit permettre à l'avenir la montée en puissance de la METRO et devrait pouvoir définir une véritable politique d'accueil d'urgence.
Un premier temps du Rendez-vous du Toit a été consacré à la visite des locaux.
Le CAI dispose maintenant, en principe, de 64 lits mais 55 seulement sont actuellement financés via son agrément ; une soixantaine de lits sont néanmoins occupés.
Bannis sont les dortoirs… Ce sont maintenant d'agréables chambres de un, deux ou trois lits regroupés dans trois unités indépendantes : les hommes (24 lits), les femmes seules (14 lits) et les familles (24 lits). Les deux unités des hommes et des femmes seules comportent chacune une chambre pour handicapé et un foyer avec four à micro-onde et poste de télévision ; dans l'unité des familles, au foyer s'ajoutent une laverie, une nurserie et une salle de jeux pour les enfants. Outre ces unités de vie le CAI dispose de trois bureaux, d'une salle de restaurant pour les repas du soir et les petits-déjeuner, d'une salle commune et d'une terrasse pour les fumeurs. La dispositition des différentes ailes du bâtiment, tout en rez-de-chaussée, ménage des cours intérieures destinées à être végétalisées. La circulation dans le bâtiment est gérée par un système de badges et d'alarmes. Les hommes doivent quitter les lieux dans la journée pendant la semaine tandis que les femmes et les familles peuvent rester. Le droit de séjour est de cinq nuits mais certaines personnes sont là depuis 2 ou 3 mois.
L'accueil "soins-santé" est géré par "La Boussole" avec 6 lit médicalisés sur place et 6 au CAI. Un psychiatre accompagne le CAI de son expertise et médecin et infirmier passent une fois par jour.
Le rappel de la situation dramatique de l'année 2010 avec l'afflux de personnes et de familles en détresse, tout particulièrement des demandeurs d'asile, permet de dévoiler la situation humainement très dure à laquelle est soumise l'équipe qui fait vivre le CAI. Située au bout de la chaine du traitement de l'hébergement qui va de l'adoption des lois jusqu'à la décision de prendre en accueil telle ou telle personne, telle ou telle famille en fonction des places disponibles, l'équipe hérite de tout ce qui ne fonctionne pas bien en amont : incohérence entre des dispositifs législatifs et gestion administrative, manque d'encadrement de lois et de pilotage, manque d'anticipation, tensions entre le combat militant des associations et la sphère politique. Le principe de la continuité de l'accueil des populations d'étrangers déboutés, d'étrangers soignés et des populations en errance psychiatrique est particulièrement difficile à appliquer. L'afflux de nouveaux publics crée des tensions avec les publics traditionnels vers lesquels il conviendrait de revenir avec une ancienne règle d'"attache et de racines" (temps d'accueil limité dans le temps pour ceux qui n'ont aucune attache sur le territoire départemental). Les délais des services de l'Etat sont très longs donc les gens s'installent. La multiplication des structures locales concernant l'hébergement rend plus difficile la cohérence des décisions et de l'action. Que penser de systèmes intermédiaires de "mise à l'abri", tant qu'à faire pour toute l'année ? A l'échelle de la METRO il serait souhaitable que l'"Instance politique locale" joue pleinement son rôle de décision.
Le CAI exerce une mission d'Etat (l'accueil d'urgence). Son financement est pour à peu près 2/3 par l'Etat, 1/3 le CCAS de Grenoble et, depuis le passage en CAI, une petite quote-part de la METRO qui devrait monter en puissance à travers l'"Instance politique locale".
cf. Compte-rendu du Rendez-vous du Toit du 26/01/2010 consacré au CAM sur le site web d'Un Toit Pour Tous
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