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Semaine « Loger les plus vulnérables en Isère » : des acteurs très impliqués s’expriment ensemble

Cette semaine de rencontres et débats du 7 au 11 décembre 2020, organisée par Un Toit Pour Tous, depuis Grenoble, avec la participation plurielle des bailleurs sociaux, du monde associatif, de la santé, de l’enseignement et de la recherche a été à la fois une première et une réussite.

Le déroulement en « visio », imposé par l’épidémie de Covid-19 et la nécessité d’éviter les regroupements physiques, a été un atout supplémentaire : associer des intervenants de premier rang ou des participants pour lesquels se déplacer jusqu’à Grenoble n’aurait pas forcément été possible. De plus, la formule a séduit par sa souplesse : possibilité de s’inscrire à la séance choisie, ou à plusieurs, de modifier à tout moment son choix, de se déconnecter en cours de route si nécessaire. Accessoirement, les outils techniques ont permis de constater que peu de personnes ont quitté les débats avant leur conclusion.

C’est ainsi qu’au total, pour les 10 « webinaires », on recense entre 57 et 171 participants, la plupart d’entre eux ayant assisté à plusieurs séances.

Toutes ont été enregistrées et sont disponibles en « replay » : une possibilité donc de revenir sur les moments-clés, ou de s’aménager une séance de rattrapage pour les personnes qui n’auraient pas pu les suivre en direct. Voici le détail en cliquant ici :

  • celles sur la thématique de Mieux connaître les besoins sociaux pour agir !
  • Le logement social permet-il de loger les plus vulnérables ?
  • Quant à L’accompagnement lié au logement, de quoi parle-t-on ?
  • et enfin, l’Attribution de logements : comment s’organise-t-on en Isère pour répondre aux besoins des publics les plus défavorisés ?

 

Pour entrer un peu plus dans le détail, on peut noter que la séance qui a rassemblé le plus de participants est celle consacrée à « Les oubliés des politiques sociales du logement ». On peut distinguer de grandes catégories : bailleurs sociaux, responsables associatifs, élu(e)s, travailleurs sociaux, bénévoles, étudiants…

Par ailleurs, les cahiers thématiques préparés à l’occasion de cet événement sont mis en ligne. Leur existence et leur intérêt ont été soulignés en introduction et en conclusion de chaque séance,

Les réflexions sont bien évidemment déjà en cours pour tirer les enseignements de cet événement majeur, qui prend la suite des anciennes conférences annuelles du Conseil Social de l’Habitat (limitées à une seule journée), tout en lui donnant une ampleur et une visibilité inédites. La volonté est là de pérenniser l’initiative. Les suggestions pour proposer des thématiques et améliorer les conditions d’organisation et de déroulement sont les bienvenues !

D’ores et déjà ce que l’on peut retenir de majeur de ce brassage d’idées, d’initiatives, de témoignages c’est :

– l’impérieuse nécessité d’établir le maximum de passerelles, de coopérations entre les différents partenaires du logement et de l’hébergement pour casser les barrières mentales autant qu’administratives,

– d’inventer des nouveaux modes d’actions partenariales pour se jouer des financements publics « en silo »

et de porter tous ensemble face aux pouvoirs publics cette exigence d’un logement pour les plus vulnérables.

Si vous souhaitez nous aider à pérenniser cet événement, vous pouvez….

Un événement pour apprendre, échanger et débattre, du 7 au 11 décembre 2020 : « Loger les plus vulnérables en Isère »

Des acteurs du logement et de l’accompagnement en Isère vous proposent un événement annuel autour des enjeux du logement des plus vulnérables.

Un événement pour apprendre, échanger et débattre, du 7 au 11 décembre 2020 : « Loger les plus vulnérables en Isère »

Des acteurs présents sur le terrain du logement et de l’accompagnement en Isère s‘adresseront aux citoyens, aux organismes Hlm, aux collectivités locales, aux acteurs de l’accompagnement, aux associations et à leurs adhérents, à l’ensemble des acteurs de l’habitat à la recherche de nouvelles voies pour l’accès au logement des plus précaires,

Quels thèmes ?

– mieux connaitre les besoins sociaux pour agir !

– le logement social permet-il de loger les plus vulnérables ?

– l’accompagnement lié au logement, de quoi parle-t-on ?

– attribution de logements : comment s’organise-t-on en Isère pour répondre aux besoins des publics les plus défavorisés ?

 Comment ? : Crise sanitaire oblige, il s’agit d’une série de webinaires (1) d’1h à 1h30 répartis dans la semaine en fin de matinée et après – midi :

  • 5 conférences d’experts (webinaires) pour s’informer et mieux comprendre les fondamentaux qui dessinent les grands enjeux des thèmes abordés
  • temps d’échanges de pratiques et de retours d’expériences (visioconférences) par des acteurs de terrain sur des actions concrètes, pour découvrir, enrichir et prendre du recul sur des façons de faire différentes

Qui organise ? Un Toit Pour Tous en partenariat avec un ensemble d’acteurs dont la Fondation Abbé Pierre pour le logement des personnes défavorisées (FAP), la Fédération des associations pour l’insertion par le logement (FAPIL), la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), l’Association des bailleurs sociaux de l’Isère (ABSISE), le Groupement des possibles

 

Renseignements et inscriptions  : 

contact@untoitpourtous.org

04 76 09 26 56 (accueil)

(1) webinaire est un mot-valise associant les mots web et séminaire, créé pour désigner toutes les formes de réunions interactives de type séminaire faites via internet généralement dans un but de travail collaboratif ou d’enseignement à distance

Solidarités citoyennes en action : loger et accompagner les personnes exilées en Isère

Une cinquantaine de personnes ont assisté à distance à cette édition post-reconfinement du 12/14 d’Un Toit Pour Tous consacrée aux solidarités citoyennes envers les migrants (1).

De riches et instructifs témoignages apportés par les représentants de 4 expériences citoyennes iséroises : le réseau Esaïe, l’association Le Habert, le collectif RESF – Les Eaux Claires (2), le collectif Réfugiés Bienvenue

Si le réseau Esaïe fonctionne sous forme d’hébergement tournant d’une petite dizaine d’accueillis dans une quarantaine de familles (qui n’assurent pas l’accompagnement dans les démarches administratives, la formation ou l’emploi, les soins, etc), les autres initiatives ont comme point commun de rechercher et de mettre à disposition des personnes ou des familles accueillies, à la fois logement et accompagnement, généralement pour une période limitée dans le temps, mais selon des modalités variables.

C’est là que le savoir-faire d’Un Toit Pour Tous intervient, de façon différenciée selon le fonctionnement adopté par chaque projet, via le dispositif LASUR. Si l’association Le Habert dispose actuellement de 3 salariés, si Esaïe s’appuie en partie sur le Diaconat protestant, les autres structures ne reposent que sur les bénévoles. Et l’on découvre le témoignage d’une solidarité puissance 2 à travers les partenariats et la mutualisation fonctionnant entre tous les acteurs impliqués.

D’autres témoignages venus enrichir la palette et nourrir les expériences :

Une famille originaire du Kosovo a accepté de témoigner de son parcours, de l’accueil par un collectif citoyen solidaire en Matheysine à l’obtention du titre de séjour, d’un emploi salarié pour chacun des parents et d’un logement à Grenoble.

L’Accueil Migrants Grésivaudan (bénévoles) assure l’accueil auprès des personnes le temps nécessaire, l’APARDAP (3) dispose de logements mis à disposition par l’EPFL (4), une autre initiative concerne du logement en colocation pour des jeunes. Une expérimentation locale est en cours de lancement par Migrants en Isère et la FEP (Fédération de l’Entraide Protestante) pour un accès à l’emploi dans des métiers en tension.

Des constats

Avec quelques années d’expérience les initiatives citoyennes révèlent assez peu d’échecs en matière d’autonomisation des personnes accueillies. L’accueil y est assuré soit pour 3 ans soit pour tout le temps nécessaire sauf s’il s’agit d’accueil subventionné. Ce qui démontre que « si on tient le long temps on y arrive« .

Des points à faire avancer

  • l’ALT (allocation de logement temporaire) que la DDCS (5) tente de supprimer, alors qu’elle permet le financement d’une partie des logements solidaires ;
  • la levée des dispositifs et règlements qui entravent l’accès à l’emploi ;
  • la mise à dispostion transitoire de logements inoccupés des collectivités territoriales, par le biais de l’EPFL (4).

Des possibilités de financement grâce au financement participatif :

Exemple des Petites Pierres qui ont déjà financé plusieurs projets en Isère pour aider les personnes vulnérables à se loger.

 

(1) Quelques intervenants étaient néanmoins réunis dans les locaux d’Un Toit Pour Tous. Visiblement, la technique est bien au point et la communication fonctionnait de façon adéquate entre tous.

(2) RESF : Réseau éducation sans frontières

(3) APARDAP : Association de parrainage républicain des demandeurs d’asile et de protection

(4) EPFL : Etablissement public foncier local

(5) DDCS : Direction Départementae de la Cohésion Sociale

Le sans-abrisme à l’épreuve du Covid-19 : des inégalités qui explosent, des acteurs de terrain mobilisés

C’est en visioconférence (*) suivie par 55 personnes que s’est déroulé le 12/14 d’Un Toit Pour Tous ce mardi 13 octobre sur le thème du Sans-abrisme à l’épreuve du Covid-19.

Des « retours de terrain » d’acteurs majeurs

– Rapide réactivité dès le 17 mars, début du confinement : le CCAS (1) de Grenoble met en place la prévention dans ses sites en gestion directe, organise une livraison alimentaire sur plusieurs sites à partir de ressources diverses (3500 repas par semaine), assure réception des alertes, coordination et conseils.

– Inauguration de nouveaux champs d’intervention et d’importantes collaborations. La diminution des bénévoles éloignés à cause du risque sanitaire pousse les structures à se repenser : Point d’eau s’appuie sur le trytique professionnels-bénévoles-personnes accueillies qui s’impliquent et développe l’accès aux droits, les salariés de Médecins du Monde rejoignent les coordinations et s’emparent du Guide méthodologique délivré par le ministère de la Santé.

– La coupure administrative entre la santé responsabilité de l’ARS (2) et le social responsabilité de la DDCS (3) conduit à s’organiser sur le terrain et à mettre en place à la fois un centre de « desserrement » (Croix Rouge) et des équipes mobiles pour aller, en particulier, vers les centres d’hébergements. A signaler le partenariat fructueux avec la Maison des Réseaux de Santé de l’Isère, l’implication de 11 structures et de 23 établissements ainsi que le portage de propositions auprès de l’ARS pour l’otroi de moyens et la DDCS pour l’ouverture de Centres d’hébergement.

Des constats de l’Observatoire de l’hébergement et du logement d’Un Toit Pour Tous …

– vécus difficiles et contrastés des sans domicile pendant le confinement

– impact durable sur la santé et l’accès aux droits

– mise en lumière des besoins structurels : places d’hébergement, solidarités interpersonnelles…

– importance d’une action locale d’urgence sociale : implication de la Métro

– accélération de fait de la politique du Logement d’abord et ses freins

– émergence d’initiatives et de coopérations : lien entre secteurs sanitaire et social.

… et des effets révélateurs

– Une double fragilité : celle des personnes, en particulier pour l’alimentation (concerne 55% des appels du 115) et celle des acteurs qui interviennent et qui ont constitué un véritable filet de protection. Comment continuer ? avec quels moyens ?

– Une porosité entre les publics sans abri et et ceux qui passaient sous le radar des politiques sociales et qui risquent la pauvreté. Quel système de protection sociale proposé par le gouvernement ? Des mesures mais refus de celles qui permettraient de sécuriser durablement.

Quels effets durables de l’augmentation des inégalités dues au Covid ? Parenthèse ou pas ?

Sur le même sujet : une lettre ouverte d’ADA (Accueil demandeurs d’asile) aux autorités au sujet du couvre-feu.

* Visioconférence : formule d’échanges et de partage numériques (sans chaleur humaine…) dont le mérite, ici, est de sauver l’échange d’informations qui permet d’analyser, proposer et avancer. Que les réunions du 12/14 en présentiel étaient sympathiques !

1 CCAS : Centre communal d’action sociale

2 ARS : Agence régionale de santé

3 DDCS : Direction départementale de la cohésion sociale

Le Comité de Suivi DALO (Droit au Logement Opposable) de l’Isère publie son rapport 2019

Depuis 2009, le Comité départemental  de suivi de la mise en œuvre du droit au logement et à l’hébergement (DALO/DAHO) publie chaque année un rapport permettant de mesurer l’application de ce droit dans le département de l’Isère. Le rapport 2019 (sur les données 2018) identifie des retombées positives mais aussi les difficultés rencontrées dans la […]