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Louis Besson, acteur historique de la lutte contre le mal logement

Avec Louis Besson, décédé récemment, disparait une éminente figure politique, morale et militante auquel la lutte contre le mal logement doit énormément. On lui doit tout particulièrement deux lois qui se complètent, la « loi Besson » du 31 mai 1995 et la loi Solidarité renouvellement urbain (SRU) du 13 décembre 2000.

Ce que l’on sait moins, c’est que grâce à son intervention à un moment particulièrement critique pour notre association, Louis Besson a assuré la survie d’Un Toit Pour Tous.

Ministre engagé

Outre sa sensibilité pour la situation des plus démunis, sa compréhension du logement, la connaissance qu’il avait du terrain et son expérience de maire ( de Barby, puis de Chambéry), de président de l’agglomération de Chambéry, de président du conseil général de Savoie ont grandement alimenté son action de ministre.

Pour la loi qui porte son nom, il s’est appuyé sur une écoute indéfectible des associations spécialisées dans logement – qu’il a érigé en méthode d’élaboration de la loi – et sur les résultats de la recherche, aux côtés des spécialistes de son ministère. Se fondant donc sur de nombreuses expériences locales, ce texte affirme que se loger est un droit fondamental et oblige les collectivités à aider les personnes en difficulté à accéder à un logement et à s’y maintenir (création des Fonds départementaux pour le logement des plus démunis -FDALPD-assortis d’un Fonds de solidarité logement -FSL- de dispositif de prévention des expulsionet de mesures fiscales appropriées.

Animée par l’exigence de répartir de manière équitable territorialement le logement social, la loi SRU, cinq ans plus tard en 2000, qu’il a porté avec Jean Claude Gayssot, ministre de l’Équipement, est venue la compléter dans le cadre d’une politique de la ville promouvant la solidarité à l’échelle des agglomérations : en imposant aux communes d’avoir un minimum de logements sociaux et favoriser ainsi la mixité sociale.

Ces deux lois, malgré des tentatives récurrentes de remise en cause de la seconde, constituent toujours le cadre d’action des élus locaux et des associations pour contribuer à réduire le mal logement et le répartir équitablement.

Louis Besson et Un Toit Pour Tous

Le lien entre Un Toit Pour Tous et Louis Besson est moins connu, sa disparition récente incite à le rappeler.

En juillet 1996, l’agence Territoires AIVS est mise en règlement judiciaire le 23 juillet à la suite d’une déclaration de cessation de paiement le 11 juillet. Louis Besson avec lequel nous avions été en contact par la FAPIL (dont l’une des premières assemblées générales s’était tenue à Chambéry quand il était maire) et par la fondation abbé Pierre dont il avait accompagné la création, est alors intervenu auprès de la préfecture de l’Isère pour qu’elle apporte une aide. Une réunion avec le secrétaire général de la préfecture a abouti à l’octroi d’une subvention exceptionnelle à notre association.

Celle-ci a été déterminante tant par son apport financier que par le soutien de l’Etat qu’elle manifestait. Elle a permis à Territoires d’obtenir du tribunal de commerce l’autorisation de poursuivre son activité, à la condition de rembourser ses dettes sur dix ans (jugement du 25 mars 1997), ce qu’elle a fait avec une régularité exemplaire.

Cette évocation nous permet d’adresser un dernier merci à Louis Besson et de citer un de ses derniers messages : « Interpeller les pouvoirs publics avec la légitimité de ceux qui « font » et ne se contentent pas de revendiquer… c’est gagner une crédibilité… au regard des lourdes réalités humaines d’exclusion aujourd’hui encore si présentes. »