Accompagner / Loger

salariées travaillant sur le dispositif LASUR

Zoom sur le dispositif LASUR : entretien avec Véronique et Estelle, salariées à Un Toit Pour Tous

Entretien avec Véronique, coordinatrice LASUR et Estelle, travailleuse sociale, salariées à Un Toit Pour Tous

Pour commencer, que signifie LASUR ?

Véronique : LASUR est l’acronyme de Logements d’attente en réponse à des situations d’urgence.

À quel public s’adresse ce dispositif ?

Estelle : le dispositif LASUR s’adresse à un public « en situation administrative complexe ». Il s’agit le plus souvent de personnes migrantes ou exilées dont la situation ne permet pas d’accéder à un hébergement d’insertion ou un logement de droit commun.

Ce sont des personnes qui peuvent être soit en situation de sans-abrisme, soit hébergées chez des tiers ou en fin d’hébergement. Elles n’ont pas la possibilité de bénéficier d’un logement stable.

Comment cela fonctionne concrètement ?

Véronique : depuis 2016, le dispositif permet de soutenir les initiatives citoyennes qui souhaitent apporter des solutions à ces familles en les accompagnant au quotidien et en prenant en charge les frais liés au logement.

Un partenariat est établi, par le biais d’une convention, avec des associations ou des collectifs de citoyens. L’originalité du dispositif est d’être entièrement associatif et de reposer uniquement sur un financement participatif, sous forme de dons, pour les charges liées au logement.

Comment intervient UTPT au sein de ce dispositif ?

Véronique : l’association UTPT intervient dans la coordination générale du dispositif, le diagnostic social et la gestion locative. Il s’agit concrètement de prendre temporairement le bail à la place de personnes qui sont dans l’impossibilité de le faire car elles n’ont pas de droits ouverts pour l’accès au logement. Un Toit Pour Tous permet de soutenir les familles le temps qu’elle puissent finaliser leurs démarches.

 Quels sont vos rôles respectifs au sein de ce dispositif ?

Véronique : en premier lieu, je suis interpellée par le collectif ou l’association qui a au préalable déjà identifié une situation sensible avec une famille à loger. Par exemple, j’ai été sollicitée très récemment par des parents d’élèves constitués en collectif et qui souhaitent soutenir une famille à la rue dont les enfants sont scolarisés au sein de l’école.

Dans un deuxième temps, j’étudie les conditions de faisabilité : je propose une estimation du budget et rappelle la nécessité de s’engager auprès de la famille jusqu’à la stabilisation de sa situation. C’est une action primordiale si l’on veut pouvoir maintenir l’accompagnement sur la durée !

Je collabore ensuite avec les différents services internes d’Un Toit Pour Tous afin de tout mettre en œuvre pour proposer dans les meilleurs délais un logement fonctionnel à la famille.

Une des parties les plus importantes de mon action est :

  • L’accompagnement du collectif dans la recherche des dons afin de payer les charges liées au logement sur environ trois ans
  • La recherche de financements (publics et privés) pour inscrire dans la durée le dispositif LASUR en permettant notamment le financement du temps de travail des salariés d’Un Toit Pour Tous consacré au dispositif.

 

Estelle : dans le cadre de LASUR, mon rôle est d’apporter un appui et un soutien aux différents collectifs.

Environ tous les 4 mois, une réunion tripartite (un représentant du collectif, un membre de la famille et moi-même) se tient à Un Toit Pour Tous afin de faire le point sur la situation de la famille.

Il est important de rappeler que, dans le cadre de LASUR, c’est le collectif qui a la responsabilité de l’accompagnement social. Mon rôle est d’aider à réaliser un diagnostic social, évaluer les besoins de la famille mais surtout d’apporter des conseils. Par exemple, est-ce que les membres de la famille ont bien une assurance responsabilité civile ? La famille est-elle accompagnée par un travailleur social, spécialiste en droit pour les démarches administratives à la préfecture ? Est-ce que les dispositifs existants sur la santé sont-bien connus de la famille et ont-ils été activés ?

Si la famille dispose des ressources nécessaires, stables et suffisantes, elle peut participer financièrement aux frais liés au logement.

Véronique, EstelleNos missions sont très complémentaires et permettent de faire converger nos compétences en gestion de projets et en accompagnement social !

Quand le dispositif prend fin pour les familles ?

Véronique : le dispositif prend fin lorsque la situation de la famille est stabilisée et qu’elle est en mesure d’accéder à un logement autonome. Généralement, nous accompagnons les familles sur une durée pouvant aller jusqu’à quatre ans.

Qu’est-ce qui vous parait important de souligner dans le cadre de ce dispositif ?

Estelle : Le fait de pouvoir être logé apporte de la stabilité, de l’autonomie, de la sérénité à la famille. Pouvoir se sentir chez soi est fondamental !

La relation de confiance entre les collectifs, Un Toit Pour Tous et les familles est véritablement importante. Elle permet de réfléchir et de trouver ensemble des solutions afin d’améliorer le quotidien et le futur de ces personnes.

Véronique : Pour moi, c’est une action fondamentale et solidaire. LASUR permet d’accompagner des familles dans des situations parfois très complexes en offrant notamment la possibilité de mettre à l’abri des enfants. C’est le « tous » d’Un Toit Pour Tous !

Il est aussi important de souligner que toutes les sorties des familles du dispositif ont eu une issue positive :

  • Soit un « glissement de bail » (la famille est devenue locataire en titre du logement occupé
  • La famille est entrée dans un logement social de droit commun
  • La famille a souhaité déménager hors du département isérois

 

Dans tous les cas, les familles ont pu bénéficier d’une ouverture de droit leur permettant d’accéder de manière pérenne à un logement, à la formation et à l’emploi !

 

En 2021, le dispositif LASUR c'est

25 logements mobilisés

30 ménages soutenus dont 47 enfants

15 collectifs en action

 

Merci à nos partenaires 2021 : Grenoble Alpes Métropole, la Fondation de France, Grenoble Habitat, Alpes Isère Habitat et EPFL Dauphiné (établissement public foncier local).

 

 

Tagged

L’accompagnement des locataires de l’AIVS Territoires® évolue : la responsable du « pôle social » témoigne

Annie Bachelier, dans le rapport d’activité 2020 d’Un Toit Pour Tous présenté en juin, vous tracez le tableau de tout ce qui a été mis en œuvre l’an dernier pour adapter l’activité de l’association à la nouvelle donne de la pandémie.

Vous évoquez aussi les changements intervenus en interne permettant à l’avenir d’adapter l’action de l’association aux opportunités de financements tout en gardant une cohérence interne au travail d’accompagnement social. Pouvez-vous nous en parler ?

Notre objectif est d’affirmer le cœur de métier du Pôle social : accompagner vers et dans le logement tout ménage. Chaque intervention étant nécessairement contrainte par le type de financement, donc le « dispositif », dans lequel le travailleur social intervient il s’agit d’articuler l’action au mieux avec des partenaires extérieurs et, bien sûr, en interne avec le Pôle Logement de Territoires.

Comment cela s’est-il traduit pour le Pôle Social ?

Actuellement il comprend neuf travailleuses sociales de formations initiales différentes (assistante de service social, conseillère en économie sociale et familiale, éducatrice spécialisée) permettant ainsi d’enrichir les pratiques en croisant les regards sur les situations.

Nous avons mis en place des réunions hebdomadaires pour travailler ensemble, co-construire, assimiler les conventions, les dispositifs, rencontrer des partenaires, sans oublier des séances régulières d’analyse de la pratique.

Une étape importante a été de quantifier les temps de travail d’accompagnement en fonction des conventions, de définir les modalités et les champs d’intervention et de créer des outils de veille, de gestion et d’analyse.

Maintenant chaque personnel peut ainsi intervenir sur plusieurs dispositifs et chaque dispositif peut réunir plusieurs intervenants, ce qui facilite la souplesse et la réactivité des accompagnements, limite l’isolement professionnel et permet de parfaire la compétence professionnelle.

Quelles sont les nouvelles missions engagées en 2021 qui permettent de tester cette nouvelle organisation ?

La mission Accompagner Vers et Dans le Logement (AVDL), pour le compte de la Métropole, a commencé en janvier. Cela représente 22 nouvelles mesures d’accompagnement à l’accès au logement pour des ménages orientés par le SIAO.

Une nouvelle convention avec Action Logement a été signée, finançant des mesures d’Accompagnement Social Lié au Logement (ASLL) pour des ménages en emploi. Soit ils sont orientés directement par Action Logement vers Territoires, soit ils sont logés à Territoires et c’est après l’évaluation d’un besoin par un travailleur social que le déclenchement d’une mesure d’accompagnement est demandée par Territoires, ce qui a été le cas pour deux ménages en 2020.

Droit au logement opposable : accompagner les demandeurs de recours « sur place »

Un Toit Pour Tous assiste depuis de nombreuses années  des demandeurs de logement ou d’hébergement dans leurs démarches de recours dans le cadre de l’application de la loi DALO/ DAHO, au cours de permanences tenues par des bénévoles chaque lundi (1). Une délocalisation de cette permanence dans des locaux où sont régulièrement reçus des sans abri a été organisée à deux reprises avec l’Equipe Juridique Mobile de Grenoble (EJM) : à la  Maison des Habitants du Vieux-Temple et Point d’eau (2). Lire la suite

Crise sanitaire COVID-19 : un nouveau dispositif concerté de mise à l’abri d’urgence dans la métropole grenobloise

Un Toit Pour Tous a été sollicité par le biais de sa structure de gestion locative Territoires AIVS® pour participer à une opération de mise à l’abri de personnes en situation sanitaire très préoccupante.

Dès le confinement du printemps 2020, Grenoble-Alpes Métropole et deux acteurs associatifs ont mis en place sur le territoire métropolitain un dispositif de mise à l’abri d’urgence, qui vienne en complément de l’action de l’Etat. Cela a donné lieu à la signature en avril d’une convention entre Grenoble Alpes Métropole et les 2 associations Le Habert-Hébergement Saint Paul et Territoires AIVS®.

5 logements permettant de loger 19 personnes ont été mobilisés en 3 mois. Les ménages ont été identifiés par la Métropole dans le cadre des maraudes ou de signalement de squats et ont été privilégiés en raison de leur situation sanitaire très préoccupante. Le premier ménage a pu entrer dans le logement dès la fin avril, le deuxième début mai et 3 autres en juin et juillet.

Territoires AIVS® est en charge de la Gestion Locative Adaptée et Le Habert-Hébergement Saint-Paul de l’accompagnement social. La participation financière et opérationnelle de Grenoble-Alpes Métropole est mobilisée pour le bon fonctionnement global du dispositif, tant sur la partie relative au logement que sur celle relative à l’accompagnement social.

Les logements ont été trouvés par la Métropole auprès de trois bailleurs sociaux : SDH, CDC Habitat et Pluralis, à Grenoble, Saint-Martin d’Hères et Eybens.

La mise à l’abri et l’accompagnement seront poursuivis jusqu’à ce que la situation des ménages puisse aboutir à un accès au logement dans un délai variable selon les situations mais limité à 3 ans maximum.

Propriétaires devenez « bailleur social privé »

La Métro met à votre disposition un dispositif d’aide amélioré et Un Toit Pour Tous assure pour vous la gestion locative adaptée qu’elle pratique depuis des dizaines d’années.

 

La bonne nouvelle de cette année :

– la Métro prolonge son système d’aide « Louez facile » qui a permis la mobilisation de 53 logements conventionnés sur le territoire de l’agglomération grenobloise au cours des années 2017-2019 (1).

– La Métro améliore son système en 2021 puisqu’une prime supplémentaire de 4000 euros est versée pour un conventionnement à loyer très social minoré (2).

 

La gestion locative adaptée d’Un Toit Pour Tous :

– l’assurance pour les propriétaires d’avoir un accompagnement professionnel et personnalisé grâce à des moyens significatifs : conseils à la mise en location, simulation de la rentabilité, appui technique pour d’éventuels travaux, sécurité du paiement des loyers et des charges, maintien du logement en bon état …

– grâce à sa longue expérience reconnue dans son parc privé de plusieurs centaines de logements à destination des locataires à faibles ressources

 

Contribuer aux efforts de la collectivité pour augmenter significativement l’offre de logement pour les personnes à faibles ressources

Un système territorial de captation du parc privé à des fins sociales est en cours de mise en œuvre pour prendre le relais des dispositifs métropolitain et de l’Etat en mutualisant les financements (3).

 

(1) Ce résultat est inférieur à l’objectif de 100 logements par an du PLH ( « Développer une offre sociale dans le parc de logements privés existants » dans le « Bilan triennal 2017 2019 du PLH de l’agglomération grenobloise)

(2) Loyer très social minoré : 6,3 euros/m² (loyer médian)

(3) L’objectif est de mobiliser 150 logements par an et de développer le produit « loyer très social minoré »

A Voreppe, les bénévoles continuent l’aventure avec les familles syriennes

Après la fin de l’accompagnement par Un Toit Pour Tous au titre du dispositif LAMI, (Logement d’Attente pour les Migrants en Isère) l’accompagnement des familles syriennes, par les bénévoles qui s’étaient impliqués dans leur accueil, se poursuit: l’exemple de Voreppe en atteste.

A Voreppe en effet, il y a cinq ans, au moment des premières vagues de réfugiés syriens, un collectif s’est constitué en vue de l’accueil de familles réfugiées. Après des tentatives infructueuses, ce fut d’abord une famille mongole, bientôt suivie dans le cadre du dispositif LAMI développé par Un Toit Pour Tous, par deux familles syriennes, puis par une troisième.

Au départ, il s’agissait d’accueillir et d’accompagner ces familles dans leur installation, dans leur découverte et apprentissage de la société française et de leur environnement local (écoles, services publics, commerces, transports, etc.). Les aspects administratifs et sanitaires étaient bien sûr très présents, et il y avait de nombreux accompagnements à ce titre; ensuite s’est greffé le souci de la recherche d’emploi, conditionné par le nécessaire apprentissage de la langue française pour les adultes. Pour faciliter l’insertion scolaire des enfants, les liens avec les équipes pédagogiques, très mobilisées, ont été soutenus.

Très vite, la nécessité pour le collectif de se structurer en association est apparue, pour pouvoir gérer un budget, modeste, et concrètement pouvoir réserver des salles municipales pour réunions et fêtes… « Voreppe solidarités réfugiés » a été déclarée en préfecture et bénéficie également maintenant de l’exonération fiscale pour les cotisations versées par ses adhérents et pour les dons qu’elle reçoit.

L’accompagnement par Un Toit Pour Tous est terminé, mais la présence auprès des familles continue, d’autant plus que bien sûr, des liens d’amitié très forts se sont noués avec ces familles, dont la qualité d’accueil et la gentillesse est extraordinaire.

L’accompagnement des bénévoles se concentre maintenant sur les apprentissages du français: soutien scolaire auprès des enfants, conversation avec les adultes. L’appui à la recherche d’emploi s’est avérée très vite essentiel, pour faciliter les contacts avec Pôle emploi et les employeurs. A ce jour, trois des pères de famille ont progressé dans leur insertion professionnelle (emploi de chauffeur, contrat d’insertion, installation agricole), le dernier arrivé étant en stage intensif de français avec l’objectif de retrouver un emploi de boulanger. Les mères de famille se sont toutes facilement intégrées à la vie de leur quartier.

Il y a bien sûr toujours des réponses au cas par cas pour aider à résoudre des difficultés administratives. La crise sanitaire et les confinements n’ont pas altéré les liens qui se poursuivent notamment par des échanges en visio.

Il faut saluer le courage et la résilience de ces familles qui ont fui la guerre et les persécutions, loin des leurs, ainsi que leur volonté d’intégration, et l’amitié qu’ils ont nouée avec les bénévoles de l’association et au-delà.

 

 

Contacts: « Voreppe solidarités réfugiés »

                  Président:   Michel PIGNON, romipignon@yahoo.fr

                  Trésorier-secrétaire; Bernard DURU:  bernard.duru38@outlook.fr

Un accueil sécurisé rondement mené !

Une famille d’origine kosovare, exilée en France depuis 5 ans, est en cours d’installation dans un logement de l’agglomération grenobloise grâce à la prise en charge d’un collectif de citoyens isérois et l’appui financier de la plateforme de financement participatif Les Petites Pierres obtenu en 2 jours !

Accueillie successivement par différents collectifs, cette famille avait finalement été prise en charge par le collectif d’habitants les Vertaccueillants, à Lans en Vercors. Après avoir obtenu un titre de séjour provisoire assorti de l’autorisation de travailler, il leur est  apparu nécessaire  de se rapprocher de Grenoble pour trouver des emplois et des formations. Le soin d’accueillir cette famille a été confié en partenariat à Un Toit Pour Tous et au collectif Réfugiés-Bienvenue 38, qui ont pu mettre à disposition un logement T3 dans l’agglomération grenobloise.

Mais il fallait assurer le paiement du loyer et des charges locatives de la famille sur un an, le temps d’aller vers l’autonomie financière et sociale : permettre aux parents, lui menuisier spécialisé et elle institutrice, d’acquérir une formation complémentaire et de trouver un emploi et assurer aux enfants la poursuite de leur scolarité dans une école à proximité du logement.

L’Association Un Toit Pour Tous et le Collectif Réfugiés-Bienvenue 38 ont donc fait un appel à dons citoyens sur la plateforme des Petites Pierres, dons abondés par les Fondations à l’origine de la plateforme.

Pour le collectif ce résultat est un encouragement à poursuivre dans la voie engagée depuis 5 ans : mobiliser des bonnes volontés pour aider ceux qui ont demandé aide et secours à la France à s’y intégrer dans un esprit fraternel. Pour Un Toit Pour Tous c’est un encouragement à poursuivre sa politique de soutien aux collectifs citoyens engagés dans cette voie.

 

Les Petites Pierres : https://www.lespetitespierres.org

Un événement pour apprendre, échanger et débattre, du 7 au 11 décembre 2020 : « Loger les plus vulnérables en Isère »

Des acteurs du logement et de l’accompagnement en Isère vous proposent un événement annuel autour des enjeux du logement des plus vulnérables.

Un événement pour apprendre, échanger et débattre, du 7 au 11 décembre 2020 : « Loger les plus vulnérables en Isère »

Des acteurs présents sur le terrain du logement et de l’accompagnement en Isère s‘adresseront aux citoyens, aux organismes Hlm, aux collectivités locales, aux acteurs de l’accompagnement, aux associations et à leurs adhérents, à l’ensemble des acteurs de l’habitat à la recherche de nouvelles voies pour l’accès au logement des plus précaires,

Quels thèmes ?

– mieux connaitre les besoins sociaux pour agir !

– le logement social permet-il de loger les plus vulnérables ?

– l’accompagnement lié au logement, de quoi parle-t-on ?

– attribution de logements : comment s’organise-t-on en Isère pour répondre aux besoins des publics les plus défavorisés ?

 Comment ? : Crise sanitaire oblige, il s’agit d’une série de webinaires (1) d’1h à 1h30 répartis dans la semaine en fin de matinée et après – midi :

  • 5 conférences d’experts (webinaires) pour s’informer et mieux comprendre les fondamentaux qui dessinent les grands enjeux des thèmes abordés
  • temps d’échanges de pratiques et de retours d’expériences (visioconférences) par des acteurs de terrain sur des actions concrètes, pour découvrir, enrichir et prendre du recul sur des façons de faire différentes

Qui organise ? Un Toit Pour Tous en partenariat avec un ensemble d’acteurs dont la Fondation Abbé Pierre pour le logement des personnes défavorisées (FAP), la Fédération des associations pour l’insertion par le logement (FAPIL), la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), l’Association des bailleurs sociaux de l’Isère (ABSISE), le Groupement des possibles

 

Renseignements et inscriptions  : 

contact@untoitpourtous.org

04 76 09 26 56 (accueil)

(1) webinaire est un mot-valise associant les mots web et séminaire, créé pour désigner toutes les formes de réunions interactives de type séminaire faites via internet généralement dans un but de travail collaboratif ou d’enseignement à distance

Solidarités citoyennes en action : loger et accompagner les personnes exilées en Isère

Une cinquantaine de personnes ont assisté à distance à cette édition post-reconfinement du 12/14 d’Un Toit Pour Tous consacrée aux solidarités citoyennes envers les migrants (1).

De riches et instructifs témoignages apportés par les représentants de 4 expériences citoyennes iséroises : le réseau Esaïe, l’association Le Habert, le collectif RESF – Les Eaux Claires (2), le collectif Réfugiés Bienvenue

Si le réseau Esaïe fonctionne sous forme d’hébergement tournant d’une petite dizaine d’accueillis dans une quarantaine de familles (qui n’assurent pas l’accompagnement dans les démarches administratives, la formation ou l’emploi, les soins, etc), les autres initiatives ont comme point commun de rechercher et de mettre à disposition des personnes ou des familles accueillies, à la fois logement et accompagnement, généralement pour une période limitée dans le temps, mais selon des modalités variables.

C’est là que le savoir-faire d’Un Toit Pour Tous intervient, de façon différenciée selon le fonctionnement adopté par chaque projet, via le dispositif LASUR. Si l’association Le Habert dispose actuellement de 3 salariés, si Esaïe s’appuie en partie sur le Diaconat protestant, les autres structures ne reposent que sur les bénévoles. Et l’on découvre le témoignage d’une solidarité puissance 2 à travers les partenariats et la mutualisation fonctionnant entre tous les acteurs impliqués.

D’autres témoignages venus enrichir la palette et nourrir les expériences :

Une famille originaire du Kosovo a accepté de témoigner de son parcours, de l’accueil par un collectif citoyen solidaire en Matheysine à l’obtention du titre de séjour, d’un emploi salarié pour chacun des parents et d’un logement à Grenoble.

L’Accueil Migrants Grésivaudan (bénévoles) assure l’accueil auprès des personnes le temps nécessaire, l’APARDAP (3) dispose de logements mis à disposition par l’EPFL (4), une autre initiative concerne du logement en colocation pour des jeunes. Une expérimentation locale est en cours de lancement par Migrants en Isère et la FEP (Fédération de l’Entraide Protestante) pour un accès à l’emploi dans des métiers en tension.

Des constats

Avec quelques années d’expérience les initiatives citoyennes révèlent assez peu d’échecs en matière d’autonomisation des personnes accueillies. L’accueil y est assuré soit pour 3 ans soit pour tout le temps nécessaire sauf s’il s’agit d’accueil subventionné. Ce qui démontre que « si on tient le long temps on y arrive« .

Des points à faire avancer

  • l’ALT (allocation de logement temporaire) que la DDCS (5) tente de supprimer, alors qu’elle permet le financement d’une partie des logements solidaires ;
  • la levée des dispositifs et règlements qui entravent l’accès à l’emploi ;
  • la mise à dispostion transitoire de logements inoccupés des collectivités territoriales, par le biais de l’EPFL (4).

Des possibilités de financement grâce au financement participatif :

Exemple des Petites Pierres qui ont déjà financé plusieurs projets en Isère pour aider les personnes vulnérables à se loger.

 

(1) Quelques intervenants étaient néanmoins réunis dans les locaux d’Un Toit Pour Tous. Visiblement, la technique est bien au point et la communication fonctionnait de façon adéquate entre tous.

(2) RESF : Réseau éducation sans frontières

(3) APARDAP : Association de parrainage républicain des demandeurs d’asile et de protection

(4) EPFL : Etablissement public foncier local

(5) DDCS : Direction Départementae de la Cohésion Sociale