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AG d’Un Toit Pour Tous : de nouvelles clefs d’inclusion sociale avec Passiflore et Le Habert Hébergement Saint-Paul

Lors de l’assemblée générale d’Un Toit Pour Tous le 28 mai dernier, a été présenté le projet de partenariats croisés en cours de montage : l’un entre Un Toit Pour Tous et Passiflore, l’autre entre Un Toit Pour Tous et Le Habert Hébergement Saint-Paul. Ils devraient se finaliser courant juin.

Yves Doin, président du Habert, et Jean-Pascal Emelien, administrateur bénévole de Passiflore, ont montré à travers leurs activités respectives tout le bénéfice qu’il sera possible de tirer de ces partenariats.

 

C’est aussi « faire et en même temps se faire » (Jean Lacroix, philosophe), retrouver un sentiment de dignité, acquérir de l’autonomie et s’émanciper, pour reprendre les mots d’Yves Doin.

 

Habert et Passiflore : des portes vers l’insertion économique et l’emploi

 

Le Habert gère un parc de 55 logements dont la moitié n’est soutenue par aucun concours extérieur. Tout comme le habert des montagnes offre un refuge aux bergers, Le Habert constitue une étape tout autant qu’un lieu de répit pour des personnes en situation administrative complexe, et donc en grande précarité, sur une durée pouvant aller jusqu’à 3 ans.

 

Partant du constat qu’il est impossible de stabiliser un processus d’insertion par le logement sans ressources et sans emploi, ont été créés au sein de la structure les Ateliers Solidaires, soutenus financièrement par la Direction départementale de l’emploi, du travail et de la solidarité (DDETS). Rénovation du bâti, cuisine, ménage, 20 personnes bénéficient actuellement de conventions de stages, rémunérées à 80% du SMIC.

 

Passiflore, agréée comme chantier d’insertion par l’activité économique, a été créée il y a 30 ans grâce à une initiative citoyenne. Un champ d’activité diversifié lui permet de s’adapter à des aptitudes variées :  un atelier bois avec la collecte, le recyclage et la fabrication de palettes, une ressourcerie, vente de meubles et d’objets, tri et reconditionnement pour des entreprises locales.

 

Certes, les freins à l’emploi sont multiples : état de santé physique et mentale, addictions, parentalité, mobilité… le parcours est plus complexe quand l’éloignement du monde du travail et de l’emploi est important. Les chiffres concernant les bénéficiaires pointent en outre les fragilités actuelles du monde du travail pour les plus jeunes et pour les plus anciens : 37% des bénéficiaires ont moins de 26 ans ; 29% ont plus de 50 ans ; 40% vivent avec le R.S.A.

 

L’association accompagne 80 à 100 personnes chaque année, employées en contrats à durée déterminée d’insertion (CDDI) à raison de 28 heures par semaine. Ainsi par exemple Marguerite, 45 ans, a-t-elle renoué avec l’emploi au sein de l’atelier conditionnement, où elle a montré de sérieuses qualités professionnelles. Après quelques contrats d’intérim en entreprise, elle a rejoint en CDI l’hôpital de Rives.

 

Le Habert, Passiflore et Un Toit Pour Tous : passerelles pour une synergie

 

Lier l’insertion par l’emploi et l’insertion par le logement n’est pas une évidence, tant les compétences et les dispositifs sont segmentés. Créer des passerelles et des ponts constitue un puissant levier pour résoudre une quadrature du cercle : pas de logement durable sans ressources, pas d’emploi durable sans logement.

 

Un témoignage recueilli au cours d’une des permanences DALO / DAHO livre une illustration cuisante de ce cercle vicieux : Monsieur X se retrouve à la rue après une séparation. Bien qu’il soit salarié, il ne parvient pas à trouver un logement.  Il dort dans une fourgonnette, et la journée, il vit dans la rue. Des difficultés de santé apparaissent. Il finit par perdre son emploi. Son parcours du combattant s’aggrave, pas d’emploi, pas de logement. Sans aide et sans accompagnement, il risque de s’installer dans la précarité.

 

Organiser les complémentarités, établir des ponts pour les personnes accompagnées, c’est leur ouvrir les perspectives d’une inclusion globale, dégager leur horizon en faveur d’une insertion sociale pleine et pérenne.

 

C’est le sens des objectifs partenariaux croisés qui ont été définis.

Avec Passiflore, il s’agira d’orienter les bénéficiaires d’Un Toit Pour Tous sur la ressourcerie et les contrats d’insertion, de bâtir ensemble les modalités d’un co-accompagnement et de l’encadrement, de partager les compétences des conseiller-es d’insertion.

Avec Le Habert, il est prévu d’élargir l’accès des bénéficiaires d’Un Toit Pour Tous aux Ateliers Solidaires, faire participer les bénéficiaires du Habert aux travaux réalisés dans les logements d’Un Toit pour Tous, apporter au Habert la compétence de gestion de logements d’Un Toit Pour Tous.

 

Une synergie bien pensée, facilitée par la participation de représentants de chaque association dans la gouvernance des deux autres.

Les conventionnements et le concours de la DDTES devraient être finalisés en juin.

 

Conclusion : lever des barrages, libérer la sortie !

 

En introduction de l’assemblée générale, Paul Coste, nouveau président, a alerté l’assistance sur quelques perspectives peu encourageantes pour les associations d’aide au logement des personnes pauvres et précaires.

 

La baisse des concours de l’État ou du Département pour le financement de dispositifs comme l’intermédiation locative (voir le dernier 12/14 du 16 juin 2026) ou le logement d’abord, pèse lourdement sur l’action des associations, alors que toutes constatent des « sorties » positives de plus en plus difficiles pour les personnes accompagnées.

 

La synergie mise en œuvre par Un Toit Pour Tous avec Passiflore et Le Habert est une des réponses susceptibles de contrer voire lever ces contraintes, et potentialiser l’efficacité des parcours vers la sortie.