Photographe depuis les années 1970, Jean-Louis Chenevas collabore régulièrement avec plusieurs compagnies. Son travail s’inscrit dans le courant humaniste. Parallèlement, il s’engage comme bénévole auprès de l’association Un Toit Pour Tous. Aujourd’hui retraité, il nourrit pour la photographie une passion intacte.
Qu’est ce qui est à l’origine de ce projet photographique ?
Avec Stéphanie, responsable communication de l’association, j’ai fait la rencontre d’une famille de locataires. Ils nous ont accueillis très chaleureusement autour de plats typiques de leur culture. J’ai été profondément bouleversé par leur vécu sans logement, l’errance à la rue, dans une tente, leur petite fille qui s’est cassé la jambe. J’avais déjà une idée de ce qu’était le mal-logement, mais ce témoignage m’a permis d’en saisir concrètement la réalité. C’est là qu’est née l’idée d’une exposition pour mettre en lumière ces histoires.
Pourquoi avoir choisi le portrait comme forme d’expression ?
Je m’inscris dans le courant de la photo humaniste. Le portrait, avec le choix esthétique du noir et blanc, permet de recentrer le regard sur les personnes en toute simplicité. C’est pourquoi les images sont dépourvues d’encombrement matériel, pour ne pas perturber le regard et rester concentrer sur l’essentiel. L’objectif est aussi de révéler leur force et leur courage, en les photographiant dans des moments authentiques de leur vie.
Quel est le message de cette exposition ?
Le titre « Considérables » renvoie à plusieurs réalités : l’ampleur du mal-logement, le nombre de personnes qu’il touche, mais aussi les épreuves considérables qu’elles traversent. Il évoque enfin la considération que nous leur devons. Mais au-delà du titre, l’objectif principal de cette exposition est de rappeler que personne n’est à l’abri : le mal-logement peut concerner chacun d’entre nous. Elle vise également à déconstruire les préjugés associés au logement social, en montrant qu’il ne touche pas uniquement certaines catégories, mais qu’il traverse l’ensemble de la société
Pourquoi le logement est-il un droit fondamental ?
Parce que c’est un des premiers besoins. Le logement garantit la sécurité, et crée un espace où l’on peut se ressourcer, se reconstruire. Le logement est le socle de tout.