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12 / 14 du 10 mars – Logement d’abord et pensions de famille

À la suite du « 12/14 » organisé par Un Toit Pour Tous consacré aux pensions de famille, cet article revient sur les principaux enjeux abordés lors du webinaire et prolonge les échanges autour de ce dispositif de logement accompagné. Le replay est disponible pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet.

Le logement d’abord est une politique publique destinée aux personnes ne disposant pas de logement personnel. Le but est d’amener ces personnes directement vers un logement digne, pérenne et personnel.

À l’échelle nationale, plusieurs offres sont proposées dans le cadre de la politique « logement d’abord ». Trois piliers sont définis :

  • La production de places en pensions de famille
  • La production de logements en PLAI ou PLAI adaptés c’est-à-dire des logements très sociaux
  • La production de places IML : Intermédiation locative

Nationalement, des résultats peuvent être constatés. De 2018 à 2022, 7 209 places ont été créées en pension de famille. Dans la même continuité, en 2023 un nouveau plan « logement d’abord » a été lancé sur 5 ans, de 2023 à 2027, dans le but d’ouvrir 10 000 places supplémentaires en pension de famille.

Les grands principes du logement d’abord – Gabriel Ubribelarrea

Le logement d’abord est une politique qui se veut généraliste[1] . Elle est à la fois une politique et une philosophie, qui se traduit de différentes manières :

  • Le développement de « dispositif logement d’abord » mis en place sur les territoires de mise en œuvre accélérée
  • La diffusion de principes d’intervention, qui seraient caractéristiques de la philosophie du logement d’abord au sein des dispositifs d’hébergement.

L’accès à un « logement à soi » se fait selon trois modalités distinctes :

  • Un accès direct
  • Un accès par l’intermédiaire d’un « habitat de passage » qui relève de l’hébergement provisoire
  • Un accès par le biais d’un statut locatif transitoire : les personnes accèdent à un logement dans lequel elles pourraient devenir locataires

Concernant les fins d’accompagnement, il existe deux tendances principales :

  1. Des « modalités de clôture », c’est-à-dire des situations dans lesquelles la fin du suivi est prononcée.
  2. Des « formes d’étiolement » la mise en place du dispositif « le droit à la sollicitation durable », permettant aux personnes accompagnées de solliciter des professionnels même après le suivi.

Cas concret : le fonctionnement des pensions de famille – Jérémy Salgues

Les pensions de famille sont des lieux de vie permettant d’avoir un logement qui soit pérenne. Une pension de famille est un dispositif de logement accompagnée qui doit avant tout être conçu à partir de besoins préalablement identifiés. Sur la base d’analyse de données socio-démographiques, quelques interrogations peuvent orienter leur conception : Où se trouve les besoins ? Comment sont-ils repérés par les organismes ? À quelles demandes particulières il faut répondre ? En effet, il ne suffit pas uniquement de fournir un logement, encore faut-il qu’il soit situé dans un environnement qui facilite les taches du quotidien.

Les pensions de familles sont ainsi portées par des bailleurs détenteurs d’un agrément préfectoral, dans une logique de synergie entre les différents acteurs locaux : le département, l’intercommunalité et l’État.

Les personnes logeant au sein des pensions de famille, sont des personnes à faible niveau de ressources, en situation d’isolement ou d’exclusion sociale.

L’orientation en pension de famille :

  • Issue d’une demande sociale ;
  • Orientation par le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) ;
  • Réponse préconisée par des travailleurs sociaux.

Dans la perspective des pensions de famille, le but est que les ménages aient cette légitimité de vivre dans un logement qui est le leur. Des espaces collectifs dits des « lieux-repères », c’est-à-dire de moments de rencontres conviviales où les personnes accompagnées échangent avec d’autres locataires et les professionnels, existent afin de favoriser la vie et la dynamique en communauté.

Zoom sur la pension de famille Le Pari(s) – Amandine ADA et Adeline Hannequin

La pension de famille Le Pari(s) se situe à Voiron, elle est composée de deux grands bâtiments au centre-ville. Chacun des deux est composé de treize logements d’un côté et neuf de l’autre, composé de studios et des T2. Ce sont des lieux d’ancrage. Encore une fois, le but est de permettre aux familles d’habiter leur logement à leur façon, les animaux domestiques sont ainsi autorisés. Dans une démarche collective, des temps sont organisés tels que des repas ou des balades afin de faire vivre cet esprit de communauté. Il y a 37 résidents au total, majoritairement des hommes.

Quant à l’accompagnement professionnel, il existe un aspect intéressant : « la multi-référence » qui suggère que les résidents sont en mesure de solliciter n’importe quel professionnel peu importe la nature de la requête, même si elle n’est pas en lien avec la profession d’origine de la personne sollicitée. Notamment les infirmières qui n’interviennent pas uniquement pour des raisons de santé.

[1] Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement.

Voir le replay du 12/14

12 / 14 du 10 mars – Logement d’abord et pensions de famille