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Accueil de réfugiés ukrainiens à Voreppe

La participation de l’association Voreppe Solidarité Réfugiés au débat précédant la tenue de l’assemblée générale d’Un Toit Pour Tous, le 28 juin dernier, a été l’occasion d’une rencontre du comité de rédaction du groupe web avec son président, Michel Pignon. Un échange pour mieux connaître l’action et l’histoire de cette association très investie dans l’accueil de réfugiés ukrainiens.

Quel a été l’élément déclencheur de votre parcours associatif ?

M.P. Après le choc des images du petit Ilan, noyé sur une plage alors qu’il tentait de traverser la méditerranée avec ses parents pour fuir la guerre en Syrie, un groupe de personnes sensibilisé au sort des migrants s’est constitué de manière informelle. Après un inventaire des associations de Voreppe, une réunion a été organisée et a permis de rassembler 45 personnes en présence du maire et du directeur du Relais Ozanam. En fait c’est d’abord un collectif qui s’est constitué pour réfléchir avant de passer à l’action.

Quelles ont été vos premières expériences d’accueil ?

Il y a eu un premier engagement auprès d’une famille mongole avec laquelle nous avons encore des relations suivies. Puis, à partir de 2017, nous nous sommes impliqués dans le programme LAMI (1) d’Un Toit Pour Tous pour l’accueil de plusieurs familles syriennes.

Dans ces deux cas les logements ont été fournis par des bailleurs sociaux et l’accompagnement des bénévoles a concerné le soutien administratif et la pratique de la langue française pour les adultes et l’aide aux devoirs pour les enfants. Au delà d’un accompagnement social dont les personnes déracinées ont tellement besoin, se sont des véritablement liens d’amitié qui se sont créés au fil des ans. On compte actuellement 5 bénévoles par famille, certains sont présents auprès de plusieurs familles.

Et aujourd’hui comment s’est organisé l’accueil des réfugiés ukrainiens ?

C’est le maire de Voreppe qui nous a contacté en nous proposant un premier logement, propriété de la commune. De fil en aiguille, 4 logements municipaux sont maintenant à disposition de 4 familles et gérés par Territoires AIVS®, l’agence immobilière à vocation sociale d’Un Toit Pour Tous. Des bénévoles interviennent auprès des familles comme dans le programme LAMI.

À coté de cet accueil, s’est mis en place un hébergement citoyen dans des familles selon un dispositif d’État : chaque famille accueillie reçoit un pécule selon sa composition et signe une convention avec l’État qu’il faudra renouveler , les familles accueillantes font une déclaration en préfecture. Pour les réfugiés ukrainiens l’accueil en préfecture est facile ; l’embauche d’une personne ukrainienne a même été faite pour la traduction. Cela facilite les démarches administratives et la convivialité.

Globalement comment a été vécue l’arrivée de ces familles ?

Il y a eu un grand élan de solidarité.

– 10 familles ont accepté d’accueillir des réfugiés et 5 d’entre elles accueillent actuellement une famille chacune. L’accompagnement est assuré par les familles elles-mêmes et par des bénévoles.

– pour les questions de santé nous avons un réseau de médecins, un dentiste et 3 pharmacies. Les familles bénéficient de la CMU.

– les familles ukrainiennes bénéficient d’un statut de réfugiés de guerre qui leur permet de travailler. Deux personnes ont été embauchées au Super U de la commune par un directeur très investi.

L’hébergement des réfugiés ukrainiens dans les familles est-il facile ?

L’accueil dans des familles n’est pas toujours évident du fait de la barrière de la langue, ils ont également vécu de nombreuses choses, parfois difficiles, avant d’arriver en France. Par ailleurs, le retour au pays est toujours envisagé même dans un avenir incertain…

C’est une grande différence avec l’accueil des familles syriennes qui ont renoncé à retourner vivre dans leur pays et pour lesquelles la France est leur pays d’adoption.

Au départ vous étiez constitué en collectif et maintenant en association…

Oui, au début du dispositif LAMI, nous avons pensé que le statut d’association nous offrirait plus de possibilités pour l’avenir. De fait, ce statut a donné une meilleure visibilité à notre action au service des réfugiés, il a renforcé le grand élan de solidarité vis à vis des familles ukrainiennes. Un exemple : le cinéma de la commune a mis à son programme un film ukrainien et une jeune-fille ukrainienne en formation a pu projeter un court-métrage réalisé par ses soins.

Quelle recommandation pourriez-vous faire pour l’accueil des familles réfugiées ?

Les faire entrer le plus vite possible dans le statut du droit commun français vis à vis du logement. Il ne faut pas hésiter à faire les demandes même si elles sont renvoyées dans un premier temps.

(1) LAMI Logement d’Attente Migrants en Isère : dispositif mis en œuvre par Un Toit Pour Tous pour accueillir des réfugiés syriens dans le cadre d’une réponse à un appel d’offre gouvernemental.

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