Actualités

Il y a encore bien des « prix cactus » à décerner en France

« Faites pression sur les élus pour qu’aucun ne s’abaisse à cette indignité de ne pas respecter la loi… » Abbé Pierre assemblée Nationale, 24 janvier 2006.

Le palmarès 2011 présenté par la Fondation Abbé Pierre le 16 juin est éloquent : 50% des communes soumises aux exigences de l’article 55 de la loi SRU n’ont pas respecté leurs objectifs de rattrapage entre 2002 et 2009.

Parmi ces communes, 7 villes de plus de 50 000 habitants ont moins de 15 % de logement véritablement social (PLS * exclus) et 86% de celles de moins 5 000 habitants n’atteignent pas les 10%. Parmi les villes moyennes (5 000 à 50 000 habitants) la FAP compte 215 villes qui n’ont pas rempli 50 % de leurs objectifs.

Mais la FAP dresse aussi un tableau d’honneur d’une trentaine de villes qui ont rempli nettement plus que leur objectif comme Anse (moins de 5 000 h.) dans le Rhône avec un taux de 822 %, Villeparisis (entre 5 000 et 50 000 h.) dans la Seine et Marne avec 408 %, Beziers et Grenoble (plus de 50 000 h.) avec, respectivement, 1041 et 880 %…
Le bilan fait apparaître une légère progression par rapport aux résultats de 2008 laissant penser qu’une véritable dynamique s’est mise en route. Mais il faut garder à l’esprit qu’au sein les grandes villes il peut subsister une forte disparité d’une zone à une autre ; rappelons qu’à Grenoble la proportion de logements sociaux (toutes catégories confondues) varie de moins de 10 à plus de 30% selon les secteurs.
* logement social « intermédiaire », non accessibles aux plus démunis

Source : Loi SRU : Palmarès 2011 des communes de la Fondation Abbé Pierre (en pièce jointe)


4 mai 2011

Logement social : le prix « Cactus » décerné à 5 communes de l’Agglomération Grenobloise !

A mi-parcours des exigences posées par l’article 55 de la loi SRU, ces 5 communes sont non seulement loin d’atteindre les 20 % de logement social mais elles n’ont pas été en mesure de faire l’effort de rattrapage qui leur aurait évité de payer l’amende en 2009.

Toutes griffes dehors, elles n’ont ainsi pas participé à l’effort de solidarité nécessaire au niveau de l’agglomération grenobloise pour, d’une part atteindre un nombre de logements suffisant (un manque de 1938 logements début 2010 sur leurs territoires), d’autre part permettre une meilleure mixité sociale.
13 communes, par contre, ont fait preuve d’un louable effort de solidarité. Pour deux d’entre elles (Grenoble et Villard-Bonnot) le fameux seuil des 20 % est atteint en 2010. Pour les autres, « le pli est pris »… encore un effort ! Il faut noter tout de même que la répartition des logements sociaux au sein de la ville de Grenoble, malgré les efforts de rééquilibrage, est fort constrastée, à l’image de l’ensemble de l’agglomération : si le taux dépasse 30% dans certains secteurs, il tombe à moins de 10% dans d’autres.
En tête de la dizaine de communes qui ont dépassé les 20%, caracolent Saint Martin d’Hères et Echirolles. Notons qu’il ne serait pas sain que ces deux communes continuent de supporter une part importante de l’effort en direction des moins favorisés ; avec 16,4 % de la population de l’agglomération grenobloise elles apportent une contribution de 28,8 % au logement social (en 2009).
Parions sur la prise de conscience des élus de l’urgence de devoir loger jeunes ménages, personnes âgées, foyers aux faibles ressources ; les équipes municipales des communes déficitaires pourraient alors essayer de relever le défi… Parions sur responsabilisation des simples citoyens pour que certains d’entre eux ne lèvent plus le rempart de leur opposition au moindre projet de logement social à proximité de chez eux… Parions sur la solidarité entre communes, fondamentale pour faire progresser la mixité sociale et éviter les ghettos. C’est sur ce pari que s’appuie l’action des bénévoles d’Un Toit Pour Tous complétant ainsi l’action concrète menée par ses salariés dans le domaine de l’hébergement et du logement. Les initiatives prises ce printemps par certaines communes pour faire découvrir à leurs habitants le logement social et sensibiliser la population sont à saluer.
Sources :
Un Toit Pour Tous, Observatoire de l’Hébergement et du Logement, Le Mal-logement en Isère (rapport 2011)
C.C.A.S. de Grenoble. Analyse des besoins sociaux 2010