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Logement, logement social : la construction en baisse

On construit moins de logements. Cela aggrave les difficultés des plus démunis pour se loger dignement. Une actualité qui fait réagir Un Toit Pour Tous dont l’activité dépasse largement la fonction immobilière stricto-sensu.

 On peut discuter de tout sauf des chiffres !

En France la construction de logements collectifs a chuté de 14% depuis 2018 et de 36% pour les seuls logements sociaux. !

L’opinion alertée par la presse … 

…dans de multiples articles aux titres évocateurs :

  •  « Construire des logements pour éviter une crise majeure de l’offre » (Le Monde 24 septembre),
  •  « La France souffre d’une pénurie de logements sociaux » (Le Monde 11 septembre),
  •  « HLM : l’étage oublié de la relance – Ces millions de français qui attendent- il faut encourager les maires bâtisseurs – loi SRU :trop de communes en dessous des quotas » (Le Dauphiné Libéré 28 septembre)
  • « Des mesures pour relancer la construction de HLM.  Jean Castex devait annoncer mardi au congrès HLM annuel quatre dispositions plutôt modestes pour encourager les bailleurs à construire »( (Le Monde 29 septembre),
  • « Logement social : de plus en plus de demandes refusées. La liste des candidats à un HLM a bondi de 20% depuis 2013 » (Le Monde1er octobre)
  • « Logement : le cri d’alarme des bailleurs sociaux » (Le Dauphiné Libéré 5 octobre 2021)
  • « Les bailleurs sociaux tirent le signal d’alarme » (Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné 8 octobre) …etc

 

Des millions de Français qui attendent

Réunis en congrès, les organismes HLM constatent que la liste des candidats venant frapper à leur porte s’allonge en dépassant 2,15 millions (30 000 en Isère) soit 20% de plus qu’en 2013.

Seulement 412 000 ménages ont bénéficié d’une attribution en 2020 alors qu’ils étaient 500 000 entre 2015 et 2017.

Entre 2013 et 2020, en 7 ans, la demande a progressé 5 fois plus vite que le nombre de ménages et 2 fois plus vite que le nombre de logements sociaux.

En Isère on aura construit 1500 logements sociaux en 2021 alors que les besoins sont estimés à plus de 2000.

 

Qui sont-t-ils ces demandeurs de logements ?

Le profil des candidats et leurs raisons d’entrer dans l’un des 5,6 millions d’HLM ont été analysés par les bailleurs sociaux : 40% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Sur ce nombre plus de la moitié travaillent (42 % en emploi stable, 13% en emploi précaire). De nouvelles catégories affluent : étudiants, travailleurs pauvres, sans logement.

L’idée selon laquelle les HLM ne seraient habités que par des minima sociaux est battue en brèche !

En fait, pour reprendre une formule de la présidente de l’Union Sociale pour l’Habitat « le logement social a pour vocation de loger la France telle qu’elle est » et pas seulement d’accueillir les plus pauvres orientation que veut privilégier  la Cours des Comptes, mettant ainsi en péril la mixité sociale, objectif auquel le logement social doit aussi répondre.

 

Il faut construire plus … massivement.

C’est la recommandation de François Rebsamen dans le rapport « Lever les freins à la construction » commandé par le Gouvernement et qui détaille des mesures susceptibles de relancer la construction.

Les besoins à satisfaire pour faire face à la démographie nécessitent la construction annuelle de 210 000 à 325 000 logements. Si on ajoute les 2 millions de logements pour éradiquer le sans – abrisme, le rythme de construction à atteindre d’ici 2030 est de 400 000  à  500 000 par an.

Le gouvernement a repris 4 dispositions du rapport pour lever les freins mais n’en propose qu’une version minimaliste. Citons, par exemple, la mesure envisagée pour atténuer la perte de recette des communes suite à l’exonération de taxe foncière des logements sociaux (1) : on parle de 70 millions pour une perte évaluée à 468 millions ! Comme mesure à inciter les maires à signer des permis de construire il y a mieux !!!

 

 Produire avec du sens

Partant des chiffres de production publiés pour le territoire de la Métro, Un Toit Pour Tous dénonçait début avril, l’insuffisance de la construction face aux besoins exprimé dans le Pan Local de l’Habitat (PLH) voté en 2020.

C’est un des éléments de la politique de plaidoyer vers l’opinion et les pouvoirs publics que mène l’association à longueur d’année en faveur d’une politique du logement qui ne laisse personne à la rue.

Par ailleurs, son propre investissement dans la location adaptée aux publics en difficulté participe à la résorption du déficit en logements sociaux et très sociaux dans le département.

Le parc géré, constitué de logements confiés en mandat de gestion locative ou acquis pour être loués après rénovation, est en constante progression pour atteindre aujourd’hui 700 logements qui accueillent des ménages à très faibles ressources comptant 2 000 personnes dont 1 000 enfants.

Cette action immobilière, d’ampleur modeste, se veut néanmoins exemplaire et porteuse de sens :

  •  elle produit des logements de qualité, accessibles aux faibles revenus et adaptés à l’insertion sociale des locataires ;
  •  l’implantation des appartements fait, de plus, l’objet d’une attention soutenue en ce qui. concerne leur contribution au « vivre ensemble » des quartiers

 

(1) : sur 25 ans

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