12/14

Logement social. « On va dans le mur … avec les phares allumés… et en klaxonnant ! » …

… a lancé un militant à la fin du « 12/14 du Toit » organisé à Grenoble par Un Toit Pour Tous le 12 février 2019 sur le thème des différentes mesures gouvernementales qui menacent directement le droit au logement pour tous.

Un choc prévisible, donc ! mais pas celui, promis, du « choc de l’offre » (1)

Principal pourvoyeur de logements abordables, le parc social représente un des piliers de la solidarité.

Les opérateurs du logement pour personnes défavorisées, tel Un Toit Pour Tous, sont très dépendants de la croissance de ce parc, ne serait-ce que parce qu’elle constitue une des sources de logements à mettre à disposition des ménages qu’ils contribuent à loger de manière pérenne.

 

Ors, depuis 2 ans, ce parc est la cible de nombreuses mesures gouvernementales inquiétantes. La presse et les médias se sont largement fait l’écho, ces derniers temps, de …

… la baisse des APL (octobre 2017),

… la « réduction de loyer de solidarité » imposée aux organismes HLM pour compenser la baisse de cette aide,

… la hausse de là TVA (700 millions en moins pour les bailleurs dès 2018),

… et, avec des titres éloquents, des réactions des acteurs du logement (2)

 

Le fond du problème est que la diminution des ressources des organismes, qui en résulte, rend impossible entretien du patrimoine et constructions neuves à un niveau correspondant à l’objectif social qui est celui du mouvement HLM.

Localement, le mouvement HLM (80 000 logements) a perdu les 2/3 de ses fonds propres (100 millions)

Le choix fait par le gouvernement de développer le « Logement d’abord » ne fait que confirmer la nécessité accrue du fameux « choc de l’offre » … promis … mais, dans le même temps, rendu impossible.

 

Que dire de l’incitation faite aux bailleurs de vendre une partie de leur parc pour reconstituer leurs fonds propres ? Indépendamment du fait que ce n’est pas leur métier de « faire de l‘argent » en vendant de l’immobilier, cela constitue une profonde remise en cause du modèle économique du logement social en France. Ce modèle a largement fait preuve de son efficacité depuis l’origine. Il s’appuie sur le financement hors marché de prêts longs aux bailleurs par l’épargne courte de la Caisse d’Epargne. Il a donc la particularité d’assurer au logement social une relative protection contre les aléas de la vie politique et économique.

 

Que dire de l’incitation faite aux bailleurs de se regrouper pour être plus efficaces ?

En Isère la prise de contrôle de la SDH par Action logement est effectuée. Le rapprochement d’Actis et de Grenoble Habitat est en préparation. Les différents statuts de ces organismes, les différentes implications des collectivités locales (OPH) et actionnaires privés (SA HLM) dans leur fonctionnement posent assurément des problèmes d’organisation. Leur logique répond cependant avant tout à la nécessité de « chercher l’argent là où il est » … d’où la crainte exprimée par les professionnels du logement social d’une catastrophique sortie du « monde HLM », garantie de l’objectif social des organismes.

 

(1) Le présent article tente de rendre compte sommairement de propos tenus notamment au cours de cette réunion par différents acteurs, du « monde HLM » ou en relation avec lui.

 

 (2) Quelques titres d’articles parmi d’autres :

 Les acteurs du logement unis contre la politique du gouvernement Le Monde 21/02 /2019

 Le ras – le – bol des HLM face à la hausse des prélèvements Le Monde 06//02 /2019

 Congrès HLM : entre résignation et colère face aux coupes budgétaires Le Monde 12/10/ 2018

 HLM : les bailleurs sociaux vont vendre, sous la contrainte, une partie de leur parc Le Monde 09 / 10 / 2018,

Les bailleurs sociaux de l’Isère ont perdu 40 millions d’euros Le Dauphiné Libéré 26/11/ 2018,

Logement social : des objectifs 2018 globalement remplis, mais demain ? Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné 22/02/ 2019

Les acteurs du logement unis contre la politique du gouvernement Le Monde 20/02/ 2019.