Bonjour Jean Luc, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis Jean-Luc Chicco, à la retraite depuis deux ans. Avant j’étais responsable logistique chez Hewlett Packard, grand groupe informatique connu. Après avoir déménagé 14 fois, je suis arrivé dans la région en 1986 et je n’ai pas bougé depuis.
Comment t’es-tu intéressé au mal-logement ?
Mon père avait créé « Loger Marseille jeunes » avec des oncles et des amis. C’était une structure similaire à Un Toit Pour Tous en matière de production de logements PLAI. L’objectif était d’essaimer en France. Cela m’a incité à créer, il y a plus de dix ans, « Loger Rhône Alpes » avec laquelle nous avions acquis deux logements sur le bassin grenoblois. J’ai ensuite fusionné l’association avec celle de Marseille qui s’est développée et possède aujourd’hui jusqu’à 50 appartements. Cela fait longtemps donc que je m’intéresse aux problèmes de logement.
Comment as-tu connu Un Toit pour Tous ?
J’ai connu Un Toit Pour Tous par le biais d’Andrée Demon avec qui j’étais en lien lorsqu’elle travaillait à l’UMHIJ (Union mutualiste pour l’habitat et l’insertion des jeunes) car celle-ci logeait des jeunes dans l’un des deux appartements de mon association. Lorsque Andrée Demon est devenue présidente d’Un Toit Pour Tous, nous sommes restés en contact. Dans le même temps, « Loger Rhône Alpes » a utilisé les services de Territoires, l’Agence immobilière à vocation sociale d’Un Toit Pour Tous, pour l’un des deux logements.
Qu’est ce qui t’a motivé à t’investir à Un Toit Pour Tous ?
Avant d’être en retraite j’avais souhaité m’investir dans Un Toit Pour Tous. Avec tous mes propres déménagements, j’ai toujours senti viscéralement l’importance d’avoir un chez soi, d’avoir une sorte de base pour chercher un emploi, se faire des amis. Il faut développer le vivre ensemble et non le chacun pour soi.
Dans quel groupe de bénévole es-tu impliqué ?
Je suis impliqué dans le groupe mécénat, d’abord en suivant les dossiers du Crédit agricole puis, je suis devenu référent du groupe à la suite d’Elisabeth Paccard. J’ai toujours aimé les chiffres, les finances. Je suis assez à l’aise dans le montage des dossiers pour chercher des financements. Je suis allé au groupe qui assure des permanences concernant le droit au logement opposable mais c’est très dur d’être confronté aux réalités que vivent les personnes en très grande précarité.
Pour le financement de la coopérative foncière Un Toit Pour Tous-Développement, il faut faire la différence entre les acteurs publics, les dons privés, les dons des mécènes et les placements des particuliers. Nous souhaitons garder des relations régulières avec nos mécènes fidèles comme le Crédit agricole, GEG, Samse, Schneider, Point P… par exemple en les invitant à des inaugurations de nos nouveaux logements.
Quelles sont aujourd’hui les difficultés qui peuvent être rencontrées ?
Nous avons du mal à trouver des financements réguliers. Nous récoltons environ 80 000 euros par an en étant un groupe de 5. On a souvent des refus. Il faut relancer, déposer des dossiers sur des plateformes, on nous dit non sans en savoir la raison. Un des objectifs premiers est de financer des opérations de nouveaux logements en trouvant 10% de fonds propres. Cela permet de finaliser les dossiers. Nous sommes une association locale qui devrait pouvoir nous procurer plus de dons et de financements de mécènes de proximité, en plus des ressources des collectivités. Il est nécessaire de relancer les mécènes. J’effectue des recherches auprès de divers entreprises. Il faut séduire mais nos partenaires changent. C’est parfois un peu frustrant.
Comment vois-tu ton rôle d’administrateur ?
Je suis aussi au conseil d’administration car la présidente m’y avait convié. On voit la gouvernance de l’intérieur, les questions qui se posent. C’est enrichissant. La structure est très bien tenue au niveau financier.
Quels sont les enjeux pour les années à venir ?
Un Toit Pour Tous a passé un cap. Son patrimoine vieillit et nécessite aujourd’hui une attention particulière. L’association peut s’appuyer sur une équipe salariée et bénévole très performante. L’un des enjeux est de poursuivre les opérations de réhabilitation dans le diffus, tout en menant des projets plus spécifiques, comme celui du Bercail Paysan.
À moyen terme, on peut s’interroger sur l’orientation de l’aide des collectivités. Le logement social devrait être une priorité en France. Nous sommes un pays riche et nous n’arrivons pas à faire assez de logement social.
Comment vis-tu ton engagement à Un Toit Pour Tous ?
Être bénévole dans une association, ce n’est pas la même chose que travailler en entreprise. On doit faire le tri entre l’essentiel et l’important dans sa vie. Lorsqu’on s’engage, c’est qu’on est capable de donner du temps. C’est une question de respect vis-à-vis des autres personnes. Je me donne jusqu’à 70 ans (j’ai 66 ans) et après je ferais un point d’étape.
Quelles sont tes relations avec les salariés d’Un Toit Pour Tous ?
Je travaille un peu avec les salariés mais l’équipe mécénat est principalement en lien avec le directeur, le service communication, Un Toit Pour Tous Développement. Nous sommes assez autonomes et nous nous réunissons tous les mois. Il me semble toutefois qu’il serait utile qu’une personne salariée puisse s’investir davantage dans la recherche de mécènes.
Quels sont les temps forts de l’association pour toi ?
Ce sont les rencontres annuelles avec la présence des élus, qui permettent des temps d’interpellation. Il y a aussi la journée salariés-bénévoles qui constitue un temps fort convivial.
Un mot pour conclure ?
Les dons des particuliers et le mécénat devraient avoir une place plus importante dans les ressources pour financer nos actions. Il faut se donner les moyens de les augmenter.