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Rendre visible les invisibles

6 étudiantes se sont investies auprès d’UTPT et ont réalisé un micro-trottoir sur le mal-logement en Isère. Elles nous exposent leurs motivations et leur expérience.

Pouvez-vous vous présenter ?

Nous sommes six étudiantes du département carrières juridiques à l’IUT2 de Grenoble qui depuis le mois de septembre 2017, travaillent activement sur un projet tuteuré. En effet, durant notre cursus, nous avons pour objectif de mettre en avant une cause et la défendre. Ce projet a pour but de nous faire travailler en groupe, pour découvrir le milieu professionnel mais aussi pour nous ouvrir sur le monde qui nous entoure et développer notre curiosité.

Le projet que nous menons porte sur le mal-logement et les personnes invisibles, sujet particulièrement d’actualité. Nous souhaitons « rendre visibles les invisibles », qui sont donc les personnes à la rue, ainsi que les bénévoles travaillant dans l’ombre.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler avec « Un Toit Pour Tous » ?

Nous avons donc effectué de nombreuses recherches et contacté diverses personnes. L’association « Un Toit Pour Tous » était très intéressée de collaborer avec nous. Œuvrant pour faire connaître le problème du mal-logement, elle a vu en notre groupe de travail un potentiel fort à exploiter de sorte à rendre visible les invisibles. En effet, son objectif était clair : toucher davantage de personnes, et notamment les plus jeunes, rendre compte de l’état actuel du mal-logement à Grenoble, mettre en lumière les associations qui œuvrent dans l’ombre, et lutter contre les problèmes de notre société. Touchées par cette cause, nous avons réfléchi aux moyens, actions et aux contacts éventuels à activer afin d’atteindre au mieux nos objectifs.

Quelles ont été vos actions ?

Nous avons décidé d’œuvrer pour une problématique concernant les invisibles, leurs situations s’aggravant de jours en jours, de sorte à apporter notre aide aux personnes dans le besoin.

Premièrement, nous avons effectué de nombreux rendez-vous avec des accueils de jour et autres structures capables de répondre à nos attentes, nous permettant d’acquérir de nombreuses informations et de se rendre compte de l’état actuel de notre société. Ce fut une première prise de contact avec des bénévoles motivés, et des personnes en grande difficulté.

Ensuite, nous avons réalisé deux collectes au sein de notre IUT, de sorte à impacter un public jeune. L’une en collaboration avec Point d’Eau, accueil de jour grenoblois,  qui souhaitait obtenir d’avantage de vêtements pour les proposer à leur public. Cette collecte s’est avérée très fructueuse, ce qui nous a conduit à réaliser une seconde collecte de denrées alimentaires et produits d’hygiène, pour les Restos du Cœur, qui fut aussi un véritable succès.

De plus, nous avons réalisé un concours photo sur le thème « rendre visible les invisibles ». Après un démarrage difficile, des participants nous ont envoyé leurs clichés,  affichés lors de la conférence sur le mal logement en Isère le 3 avril dernier. L’une de ces photos à d’ailleurs fait l’objet de la couverture du rapport sur le mal logement de cette année.

Ensuite, nous avons réalisé un micro-trottoir dans les villes d’Annecy et de Grenoble, en vue de recueillir les avis spontanés des passants à propos de questions sociales : « Combien pensez-vous qu’il y a de personnes à la rue à Grenoble ? Que ressentez-vous face aux personnes dans la rue ? Pensez-vous que l’Etat met suffisamment de moyens en place pour venir en aide à ces personnes ?»

Ce micro-trottoir, à été diffusé lors de la Présentation du rapport sur le mal-logement en Isère le 3 avril à Eybens ; c’est l’aboutissement de notre projet et collaboration avec l’association « Un Toit Pour Tous ».

Que retirez-vous de cette expérience ?

Le projet que nous menons tout au long de cette année se révèle comme une expérience véritablement enrichissante, de par sa dimension sociale, professionnelle, mais aussi personnelle.

Tout d’abord, nous avons réfléchi ensemble à construire un projet viable, solide et surtout réalisable à notre niveau. Cela nous a conduit à démarcher des associations capables de collaborer avec notre groupe, et de manière générale, à faire en sorte de promouvoir notre démarche et soutenir notre projet par divers moyens. Nous savons désormais comment s’y prendre pour assurer la pérennité d’une idée, et quelles sont les étapes fondamentales pour aboutir à nos objectifs.

Ensuite, nous avons dû entreprendre et penser à des actions pouvant mobiliser et impacter l’ensemble du public. Il a fallu s’adapter à ses exigences pour permettre de le sensibiliser le plus efficacement possible.

Enfin, ce projet nous a permis d’appréhender un sujet d’actualité que nous ignorions sur de nombreux aspects. Nous avons enrichi nos connaissances sur des problématiques sociales se révélant de plus en plus préoccupantes, mais également sur des domaines plus juridiques. Nous avons désormais un nouveau regard sur le monde qui nous entoure.

Pour finir, nous souhaitons remercier l’association « Un Toit Pour Tous » et plus particulièrement Anne Rabillard et Cécile Jullien pour cette collaboration .