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Une précarité aggravée pour bien des personnes

C’est ce que pointe, entre autres, le rapport statistique 2018 du Secours Catholique paru en novembre dernier. Ce rapport s’appuie sur l’ensemble de la population accueillie en 2017 par les 68 800 bénévoles des centres d’accueil, soit 1 362 700 personnes (722 000 adultes et 640 700 enfants).

Un certain nombre de constats :

– un faible niveau de vie : moins de 540€/mois pour 5O% des ménages, 92% au-dessous du seuil de pauvreté retenu par le Secours Catholique (60% du niveau de vie médian des français)

– 67,7% de chomeurs (contre 9,4 pour l’ensemble de la population française)

– 33% des ménages sont en situation de logement instable ou sont à la rue

– augmentation des étrangers, particulièrement ceux sans statut légal et 78% d’entre eux vivent dans des logements instables

– 25% des travailleurs en CDI sont en état de précarité

– baisse du recours aux allocations familiales : 1/3 des ménages éligibles ne perçoit pas le RSA

– la précarité n’est pas que monétaire, elle est sociale et en augmentation :

personnes âgées (+5% en 7ans, 80% d’entre elles sont des personnes seules), étrangers, personnes pourtant au-dessus du seuil de pauvreté, tous en recherche de convivialité.

– la fracture numérique qui peut toucher toutes les catégories engendre une fracture sociale encore plus accentuée pour les plus démunis.

 

Une « exploration » citoyenne

A partir du constat que la protection sociale ne corrige pas ou plus les inégalités sociales, une « exploration citoyenne » a été lancée à l’initiative du Secours catholique : enquête publique et réflexions au sein de ses propres délégations. Il en ressort, en particulier, que la majorité des personnes  qui ne « rentrent pas dans les mailles du filet » sont celles qui ont les plus faibles revenus, que le « tout-internet » fait des exclus et renforce le non-recours, que la majorité des personnes souhaite un interlocuteur unique pour accompagner sur l’ensemble des droits.

 

Des exigences et des propositions

– l’accès au droit  doit être au cœur des politiques publiques

– il faut expérimenter des territoires « zero non-recours » (accès physique aux lieux de droits, Maisons de service public)

– il faut que l’Etat soit  garant du respect du droit à la domiciliation partout en France

– une expérimentation a été mise en œuvre sur deux dispositifs proposés par le Secours catholique : un « coffre-fort numérique » pour stocker les documents administratifs et « un référent de parcours » pour accompagner les personnes en précarité ; il faudrait généraliser ces dispositifs et les adapter à la lutte contre la pauvreté.