Paul Coste est le président d’Un Toit Pour Tous depuis le mois de juin après en avoir été le trésorier depuis huit années.
Bonjour Paul, peux-tu te présenter en quelques mots ?
J’habite à Grenoble et je suis père de deux enfants et grand père de quatre petits-enfants. Né dans la Drôme, j’ai vécu mon enfance en Ardèche. C’est la pratique de la montagne qui m’a incité à venir faire mes études à Grenoble en sciences économiques et sciences politiques. J’ai fait aussi beaucoup d’alpinisme, d’escalade. Je continue à faire du ski de fond et du ski de randonnée, notamment en étant encadrant au Club alpin français.
Quel a été ton parcours professionnel ?
Ma passion pour les activités sportives de montagne m’a incité à rester dans le bassin grenoblois. J’ai fait ainsi toute ma carrière au service des mairies, à Grenoble pour l’essentiel. Dans ce cadre, j’ai suivi une formation en finances publiques et gestion et j’ai ainsi pu développer des compétences à ce sujet. J’ai fini ma carrière en étant directeur général adjoint des services de la mairie de Grenoble avec 200 salariés sous ma responsabilité et en devant rendre compte à l’équipe de direction, au maire, et aux 59 élus. J’ai beaucoup aimé mes activités professionnelles. Je suis retraité depuis début 2018.
Comment t’es-tu intéressé au mal logement ?
Je ne travaillais pas directement sur la question du mal logement, mais certains de mes collaborateurs, contrôleurs de gestion, suivaient des organismes publics, dont des bailleurs sociaux, ou des SEM, où la ville était majoritaire. Je ne connaissais pas bien le domaine du logement social et je trouvais que c’était bien de m’y impliquer. Je me suis donc formé à ce sujet.
Comment as-tu connu Un Toit Pour Tous ?
J’avais souscrit des parts dans la Société civile immobilière « Ensemble Offrir Un Toit », en 2005 dont Jacques Deschamps était le gérant, mari d’Annie Deschamps, 1ère adjointe à la mairie de Grenoble avec qui je travaillais. Jacques Deschamps était alors trésorier d’Un Toit Pour Tous.
Qu’est ce qui t’a motivé à t’investir à Un Toit Pour Tous ?
Lorsque Jacques Deschamps a su que je prenais ma retraite, il m’a sollicité afin que je lui succède à la fonction de trésorier. J’avais envie de ne pas avoir une rupture trop forte avec mon activité professionnelle. Lorsque je travaillais pour une collectivité territoriale, j’étais au service des habitants. En étant dans une association comme Un Toit Pour Tous, je peux continuer à être utile aux habitants du territoire notamment aux personnes les plus défavorisées qui ont besoin de logements.
Quel a été ton rôle de bénévole à Un Toit Pour Tous ?
Je suis tout de suite devenu trésorier en étant coopté au conseil d’administration puis élu au bureau. J’ai été trésorier jusqu’au mois de juin 2026. Puis j’ai été élu président, à la suite du départ de Michèle Daran. Je suis aussi président de la coopérative Un Toit Pour Tous Développement depuis 2021, à la suite du décès de François Gilet qui en avait assuré la présidence pendant une quinzaine d’années.
Je m’implique dans les travaux du GAST (groupe d’appui aux services techniques) qui est en interaction avec les services maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre. J’essaye aussi de suivre le groupe Mécénat. J’ai également récemment participé au groupe des Bricoleurs. J’aime bricoler. De plus, cela m’a permis récemment de rencontrer des bénéficiaires de nos actions. Je me suis rendu compte que ce contact direct me manquait, n’ayant que trop rarement l’occasion de les rencontrer.
Toutes ces activités m’ont permis de côtoyer la plupart des salariés d’Un Toit Pour Tous et de découvrir leurs grandes qualités humaines et professionnelles.
Comment t’es-tu retrouvé président d’Un Toit Pour Tous ?
C’est un choix réfléchi, né d’une transition naturelle : après l’élection de Michelle Daran au conseil municipal de Grenoble, il a fallu assurer rapidement la relève. Par mes fonctions, j’avais acquis de l’expérience et des connaissances concernant les diverses activités d’Un Toit Pour Tous. Donc, sans l’avoir activement cherchée, ma candidature est apparue comme une évidence pour le bureau. De plus, avec l’âge, je fais moins de montagne et d’escalade et dispose donc de plus de disponibilités pour m’investir pleinement.
Comment as-tu fait évoluer les statuts de la Coopérative Un Toit Pour Tous développement ?
Lorsque je suis arrivé au comité de direction de la coopérative, les collègues m’ont dit que la coopérative peinait à se développer par manque de fonds propres. La solution était d’ouvrir son capital aux particuliers. Mais cela demandait un gros investissement en temps et énergie, avec d’importants aspects juridiques. Ce projet m’a passionné durant trois ans. Avec l’aide précieuse du directeur Arthur Lhuissier, nous avons pu en 2022 faire évoluer la coopérative, qui existait depuis 2006, en foncière solidaire. Il a fallu faire de très nombreuses démarches, afin d’être agréé auprès du ministère du Logement. Cet engagement, avec des enjeux financiers et juridiques, correspondait à ce que je savais faire et s’inscrivait dans la continuité de mon activité professionnelle.
Quels sont les enjeux pour les années à venir ?
Les enjeux pour les années à venir concernent notre capacité d’adaptation à l’évolution globale de la société. Comment sera traité le logement social et très social dans les années à venir, vu la situation financière de la France ? Est-ce que les collectivités locales telles que la Métropole ou le Pays Voironnais, vont continuer à nous soutenir ? Les évolutions politiques peuvent faire bouger les choses. Sachant qu’un Toit Pour Tous a une cinquantaine de salariés, nous devons prendre des décisions qui ne conduisent pas la structure dans le mur. En tant que financier, je suis prudent et je veille, avec le bureau, à éviter des choix qui pourraient s’avérer dangereux économiquement.
Comment vis-tu ton engagement à Un Toit Pour Tous ?
J’ai de bonnes relations avec tous les salariés que je connais pour la plupart et avec les bénévoles.
J’ai la chance d’avoir Arthur Lhuissier comme directeur général, il est très rassurant pour moi. Le rôle d’un président est de veiller à ce que chaque membre du Bureau et du CA trouve sa place dans des conditions sereines. Dans l’atmosphère actuelle, je me sens bien. Je ne chercherai pas à m’accrocher à la fonction : je ne suis pas là pour diriger et je n’aime pas être au-devant de la scène. Je me suis toujours senti plus à l’aise dans un rôle de conseiller. Cependant, lorsqu’il faut présider une assemblée générale ou la journée des salariés et adhérents, j’assure pleinement ce rôle.
Quels sont les temps forts de l’association pour toi ?
Les journées adhérents-salariés sont le moment le plus important dans la vie de l’association. Elles nous donnent le sentiment de former un véritable collectif. Par ailleurs, pour la visibilité extérieure d’Un Toit Pour Tous, les rencontres annuelles sont à la fois nécessaires et enrichissantes.
Quel est l’événement qui t’a le plus marqué à l’association ?
J’avais beaucoup aimé la « nuit de la solidarité » en 2019 dont le but était de dénombrer le nombre de personnes sans domicile à un moment et sur un territoire précis, que ce soit celles et ceux qui sont en centre d’hébergement, qui dorment dans leur voiture ou chez des tiers, et évidemment les personnes qui sont à la rue. Des petits groupes de bénévoles avaient été constitués pour sillonner les rues de l’agglomération. C’était une façon d’interpeller la population et les élus, mais aussi de mobiliser des bénévoles et en particulier d’en recruter de nouveaux. C’était une organisation logistique importante.
Un mot pour conclure ?
Mon souhait est de réussir une présidence utile et apaisée pour les bénévoles et les salariés.